Réseau sentinelle azote au Québec

Les Producteurs de grains du Québec (PGQ) ont mis sur pied un réseau de suivi pour la fertilisation azotée du maïs à l’échelle de la province. Cette initiative, unique au Québec et à laquelle les PGQ travaillent depuis deux ans, vise à évaluer avec le plus de précision possible la teneur en azote minéralisé disponible pour la plante en début de saison de culture, afin d’en optimiser l’apport.

Plus concrètement, le projet consiste à dresser un portrait de l’état de la minéralisation de l’azote, par région (les régions où le maïs est cultivé). Les indications sur les conditions pédoclimatiques prévalent à l’automne et l’hiver précédant la saison de culture représentent des critères déterminants identifiés par cette étude. Les différentes pratiques agronomiques à la ferme, comme les rotations de cultures, sont aussi des paramètres à rapporter. Parmi les objectifs d’évaluation spécifiques, on peut mentionner : la variation de la teneur de l’azote minéral disponible (nitrates) du début de la saison jusqu’au stade de 10 feuilles de croissance du maïs; la différence du rendement avec et sans apport d’azote en post-levée; le rendement atteint au final pour le champ ayant un apport en azote à la dose totale recommandée; et les écarts par rapport au rendement espéré des hybrides.

Pour 2018, officiellement l’an un de ce projet, qui s’étalera sur plusieurs années de collecte de données et de diffusion de résultats, au-delà de 60 sites d’évaluation sont sélectionnés dans différentes fermes du Québec. Des sites ont dû être abandonnés en cours de saison en raison de la non-conformité des exigences du protocole de recherche. L’objectif demeure de porter à 100 le nombre de sites de suivi au cours des prochaines années.

Le projet, initié et chapeauté par les PGQ, fait appel à l’expertise de plusieurs partenaires et collaborateurs. Le suivi, la réalisation du protocole de recherche et la collecte des données sont assurés par une équipe d’agronomes et de professionnels de 15 clubs-conseils en agroenvironnement (CCAE). Les données collectées par les CCAE sont mises à la disposition des agronomes participants pour qu’ils puissent les utiliser éventuellement dans leurs recommandations de fertilisation et dans le cadre de démonstrations de parcelles pour les producteurs de leur région.

Parmi les partenaires du milieu de la recherche en régie de cultures et fertilisation, responsables de la rédaction du protocole de recherche, la validation des données et l’encadrement scientifique d’étudiants, soulignons la contribution des chercheurs du CÉROM (Centre de recherche sur les grains), d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (Centre de recherche sur les grandes cultures de Sainte-Foy) et de l’Université McGill. Des partenaires du secteur privé sont aussi au rendez-vous; les deux représentants impliqués sont La Coop fédérée et SynAgri. La Coordination services-conseils est aussi un partenaire dans la réalisation du projet, ainsi que, bien sûr, les producteurs de maïs qui ont accepté d’implanter des parcelles dans leurs champs pour le mettre en œuvre.

Par ailleurs, il n’est pas exclu que d’autres collaborateurs s’ajoutent à la liste des partenaires. Le protocole de recherche pourrait également être partagé avec d’autres collaborateurs en vue d’élargir la portée des données collectées et que chacun puisse les utiliser. Les résultats seront diffusés chaque année.